Projection de "Jouer avec le feu"
Février 2025
Les étudiants de BTS, de la classe passerelle (prépaBTS) ainsi que les élèves de Terminale HLP ont assisté à une projection du film « Jouer avec le feu » réalisé par Delphine et Muriel Coulin vendredi 7 février au Figuier Blanc.
Mis à jour le dimanche 23 février 2025 , par
Premier volet d’un parcours cinématographique intitulé LA FORCE DES IMAGES, cette séance s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur les media (leur rôle, leur impact et leurs limites) en classe de BTS CG1 avec Mme S. Charles-Nicolas, et d’un questionnement sur le flux des images actuelles (dans la séquence intitulée « Sur le qui vive ») en BTS SAM1 avec Mme F. Masson.
Le film convoque par ailleurs les questions de la violence de l’Histoire, de l’éducation et de l’émancipation abordées en Spécialité HLP.
LA FORCE DES IMAGES.
Comment le cinéma peut-il témoigner de la violence de l’Histoire et de la complexité de l’être ? Un parcours cinématographique en B1SAM et THLP
Du réel à la fiction ( Acte I.)
Devenir soi-même.
Le personnage et son ombre : Peut-on échapper à soi-même ?
(Article rédigé par la classe de THLP)
Le film s’ouvre sur le personnage de Félix/ Fus qui se dédouble dans une image stroboscopique et dont l’ombre vient souligner le vacillement et l’insaisissabilité. Ainsi, avant la figure du père, il apparaît comme le personnage central du récit filmique. La danse à laquelle il se livre est proche de la transe, un état où l’on est hors de soi : cherche-t-il par là à se fuir ?
Tout d’abord, il éprouve un sentiment d’étouffement, qui n’est pas verbalisé, contrairement au cri de son frère Louis : « On étouffe ici ! », mais qui se traduit par une nervosité et une agitation constantes – jouées et observées à l’écran, préfigurant l’explosion de violence. D’autre part, cette tentation de se fuir naît d’un sentiment d’abandon qui s’explique par la mort de sa mère dont le deuil n’a pas été accompli. De plus, la formation de métallurgiste qu’il a suivie n’ouvre sur aucun débouché hormis le chômage, dans un territoire où l’industrie de l’acier est révolue comme le montrent les plans panoramiques fixant un paysage industriel désaffecté . Enfin, le contraste marqué avec son frère, promis à de brillantes études et à des stages à l’étranger, le ramène à ses rêves de l’ailleurs, que les murs de sa chambre d’adolescent inscrivent ingénument. Il trouve alors un échappatoire et une voie identitaire dans la violence du groupuscule fasciste, face à laquelle son père se révélera impuissant.
Cette première scène de nuit, centrée sur le flou de l’adolescent, est suivie, dans un fondu enchaîné, par la torche tenue à bout de bras par le père, Pierre, dont la silhouette marchant sur les rails apparaît en travelling arrière, figure symbolique qui porte la lumière.
« Arrête de dire “t’inquiète”. Je m’inquiète c’est comme ça et c’est pour la vie ».
Portrait d’un père désarmé.
(Restitution des travaux réalisés par les B1SAM)
(Sirine) Dans le film, l’escalier de la maison cristallise la relation père/fils conflictuelle, marquée par des non-dits, un manque de communication, la disparition de la complicité ainsi qu’une tension constante. Le montage en champ/ contre-champ et les prises de vue en plongée/ contre-plongée montrent le conflit et l’enjeu de pouvoir dans la relation père/fils. Si le fils cherche à se trouver, à se découvrir, ce désir de liberté enfoui en lui s’exprime à travers le besoin de provoquer l’autorité de son père, pour se diriger vers des valeurs radicales, violentes et racistes, quitte à effacer l’héritage syndicaliste et les valeurs de solidarité et d’acceptation de l’autre qu’il porte.
Le motif de l’escalier revient lorsque le père découvre avec effroi les alliances sectaires de son fils, spectres contemporains des « chemises noires » mussoliniennes., entre autres.
« Ce qu’il faut de nuit » (de la lumière dans la nuit) :
Adaptation du roman Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin, « Jouer avec le feu » renvoie à un poème de Jules Supervielle, et à « ce qu’il faut de nuit » pour apprécier la lumière. Il convoque aussi l’article « La disparition des lucioles » de Pier Paolo Pasolini publié en 1975, qui propose une réflexion sur les formes de fascisme.
Reprenant l’article pessimiste de Pasolini, le philosophe Georges Didi-Huberman veut croire en La Survivance des lucioles, titre de son essai paru en 2009 :
« Les lucioles n’ont disparu qu’à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. Il y a tout lieu d’être pessimiste, mais il est d’autant plus nécessaire d’ouvrir les yeux dans la nuit, de se déplacer sans relâche, de se remettre en quête des lucioles. (...) Pourtant, ces lucioles, qui ne « métaphorisent [chez Pasolini] rien d’autre que l’humanité par excellence », n’ont pas toutes disparu. »
L’étreinte finale qui unit le père et le fils condamné pour le crime qu’il a commis formule peut-être cette espérance.
(Sirine) Le terme « feu » du titre du film, représente bien les émotions de Fus animé de colère, de frustration et de rébellion, sentiments qui seront pour lui synonymes de destruction. On pourra aussi supposer que le terme « feu » symbolise la flamme qui s’est éteinte dans leur relation de père et fils et que l’on espère voir renaître.
Toutefois le feu dit aussi la violence. (Siham) Le film nous interroge sur les raisons qui poussent à la brutalité. Est-ce la peur ? La colère ? La vengeance ? Un instinct de survie ou une pulsion de mort ? Le film pousse à réfléchir sur la nature humaine et la manière dont la violence devient parfois inévitable.
UNE REFLEXION SUR LES MEDIAS, LA RADICALISATION ET LES ENJEUX DE L’INFORMATION
(Déroulement des activités)
Après un débat dirigé au cours duquel les étudiants ont échangé sur les thématiques du film telles que la construction médiatique des idéologies, la représentation des médias et la critique de la société contemporaine, cette discussion a permis de mettre en lumière les mécanismes de radicalisation présentés dans le film et d’amorcer une réflexion collective sur l’impact des images et des discours médiatiques.
Après cette introduction, les étudiants ont répondu à un questionnaire d’analyse du film. Ils ont été amenés à explorer les choix narratifs et cinématographiques, à décrypter le rôle des personnages et à examiner l’influence des médias sur leur trajectoire. Ce travail leur a permis d’affiner leur compréhension des enjeux soulevés par le film tout en développant leur esprit critique.
Enfin, la séance s’est conclue par un exercice d’écriture argumentée. Deux sujets étaient proposés : l’un interrogeant l’influence des médias et des réseaux sociaux sur la pensée des individus, l’autre portant sur la liberté d’expression à l’ère numérique. Ce travail a permis aux étudiants de structurer leur réflexion et d’exprimer un point de vue personnel, tout en mobilisant des exemples précis.
Cette séance a été particulièrement enrichissante : en effet, elle a suscité des échanges vifs et engagés, tout en développant des compétences essentielles en analyse et en argumentation. Les productions écrites réalisées à l’issue de cette activité témoignent d’une prise de recul et d’une maturité critique encourageantes.
(Restitution des travaux réalisés par les B1CG et la prépaBTS)
(Kezyah, Salimata, Marie-Flore, Marie, Kelly)
Dans le film, les personnages se retrouvent prisonniers d’un système où ils perdent peu à peu leur libre arbitre, manipulés par des forces extérieures. Ces mécanismes rappellent l’influence des médias et des réseaux sociaux dans notre société actuelle.
Les réseaux sociaux amplifient les idées et les comportements, créant des mouvements de masse. Certaines campagnes mondiales comme « Black Lives Matter » doivent leur succès à cette propagation rapide.
Fake news et manipulation
La désinformation est un problème majeur aujourd’hui. Les algorithmes privilégient les contenus les plus choquants, créant des réalités alternatives. De la même manière, dans le film, les personnes sont confrontées à une distorsion de la vérité orchestrée par leurs manipulateurs.
(Delphine)
A l’image des protagonistes de « Jouer avec le feu » qui cherchent à échapper au contrôle qu’on exerce sur eux, il est essentiel d’apprendre à se libérer de l’influence excessive des médias et des réseaux.
Dans le film, la question de la liberté et de la manipulation reste en suspens. De même, l’éducation aux médias est un enjeu crucial pour préserver notre libre arbitre. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils garantir que chacun développe les outils nécessaires pour résister à ces nouvelles formes de contrôle ?
L’influence des réseaux sociaux sur l’opinion publique
(Gaël, Arjuthan, Dylan, Youssef)
Internet offre aux personnes vulnérables un espace où elles peuvent se radicaliser progressivement en suivant des contenus qui les confortent dans leurs idées et en se connectant avec d’autres individus partageant les mêmes opinions extrêmes. Par exemple, des groupes d’extrême droite utilisent des plateformes comme Reddit pour recruter et propager leurs idéologies. Cela montre comment les réseaux, loin de simplement informer, peuvent également manipuler et conduire certains individus vers des positions extrêmes.
(Rayann, Rennis)
Cependant, les réseaux sociaux peuvent être très bénéfiques pour la liberté d’expression car ils peuvent contribuer à médiatiser des événements ou des causes méconnus ou peu connus. On peut évoquer # Pray for Goma sur X (ex-Twitter) qui soutient le Congo et permet d’informer sur les faits dramatiques qui s’y déroulent.
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